LE GRAND MARIAGE ET SES IMPLICATIONS DANS LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN

INTRODUCTION

 

La pratique du « Grand mariage » aux Comores est l’un des sujets passionnants aux appréciations controversées. Pourtant, le sujet a rarement fait l’objet d’une analyse approfondie permettant d’apprécier ses implications réelles pour le développement socioéconomique du pays.

La pratique du « Grand mariage » a un coût sur le plan économique et social. Elle engendre des dépenses jugées « irrationnelles » par certains et source d’honneur et d’ascension sociale pour d’autres. Nombreux sont les comoriens prêts à s’appauvrir pour la promotion sociale au grand mariage au détriment de certaines obligations fondamentales (santé, éducation des enfants, vie descente …etc.). Ce qui n’est pas sans conséquences pour le développement humain du pays.

Si l’ascension sociale réelle ou supposée résultant de la pratique du grand mariage intéresse aussi bien l’homme que la femme mariée, l’équité de genre est loin d’être réalisable dans cette pratique. L’accession au statut de notable (mdru mdzima) confère à l’homme quelques prérogatives dans la gestion des affaires communautaires, voir même nationales; l’espace public et la participation à la prise des décisions conquis par l’homme sont des domaines jusqu’ici non partagés avec son homologue féminin qui, bien qu’elle gagne en terme de prestige sociale à l’intérieur de son groupe social, reste cantonné dans des rôles marginaux en terme d’expression publiques et de prises de décisions dans la cité. Ce qui n’est pas sans conséquences sociales pour l’épanouissement de la femme. Aussi, le grand mariage et ses pratiques contribuent largement à la production d’une stratification sociale à travers les notions de catégories d’âge (béa ou hirimu) qui insèrent l’individu, dès sa prime jeunesse, dans une institution à la fois socio-éducative et politique. Par ailleurs, certains localités ont amorcé un début de reforme du système, en réorientant la manne financière récoltées pendant les festivités, vers des actions de développement des infrastructures communautaires.

A près avoir examiné les fondements anthropologiques, culturelles et socioéconomiques dans le temps et dans l’espace de cette pratique, compte tenu des différentes variantes au niveau local et au niveau  insulaire (1ère partie), il va falloir ressortir

 

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