ÉVOLUTION DU STATUT POLITIQUE ET ADMINISTRATIF DE L’ARCHIPEL DES COMORES DE 1814 A 1872

Le traité de Paris du 31 mai 1814, qui marquait la fin des guerres napoléoniennes avait rendu l’île de Bourbon (La Réunion) à la France et cédé l’île de France (Maurice) à la Grande-Bretagne. Il avait permis au gouvernement anglais qui combattait l’esclavage dans sa nouvelle possession de signer avec les rois malgaches, les traités du 23 octobre 1817 et du 11 octobre 1820 qui avaient mis fin aux razzias malgaches qui dévastaient et dépeuplaient les îles comoriennes depuis 1793. Néanmoins, l’île de Bourbon laissée à l’abandon après avoir était une dépendance de Maurice se mit à son tour à la recherche des dépendances pour y essaimer. C’est pour répondre au désir des expansionnistes réunionnais que le contre-amiral de Hell gouverneur de La Réunion fait négocier en 1841, la cession de Mayotte qui fut réunie aussitôt à son gouvernement avec Sainte-Marie et Nosy Bé.

 

L’IMPACTE DE LA THÉORIE DES NATIONALITÉS

 

Le vingtième siècle européen avait reconnu le caractère primordial des nationalités après de nombreuses années des guerres sanglantes qui avaient conduit à l’effondrement des empires multinationaux de l’Occident et l’avènement de plusieurs États-nations. Aussi, dès l’acquisition de Mayotte, l’amiral de Hell, gouverneur de Bourbon avait nourri le projet de placer l’ensemble de l’archipel sous le contrôle du gouvernement français.

 

A la conférence de Berlin sur le partage de l’Afrique, en 1885, la France obtenait, sans beaucoup de difficultés la reconnaissance de l’unité nationale des Comores par les grandes puissances. Le chancelier allemand Bismarck estimait que la France étant présente à Mayotte l’ensemble des îles comoriennes se trouvait de facto dans l’orbite française. Aussi, l’Allemagne ne s’opposait telle pas à l’établissement d’un protectorat français[1] sur l’archipel et renonça à ratifier les traités signés par Karl Wilhelm Shmit[2] avec les sultans de la Grande Comore (Mfoma Madjuwani du Washili, Fumwa Mhanda de l’Itsandra, Abdallah ben Said Hamza du Bambao et Hashim Mwinyi Mkuu du Mbadjini) coalisée contre l’allié de la France, le sultan Said Ali ben Said Omar el Maceli[3]. L’unité allemande fraîchement réalisée par les Prussiens à la suite de leur victoire de 1870 sur la France de Napoléon III donnait à Bismarck une autorité morale et politique qui lui permit d’amener l’Angleterre à abandonner ses intérêts à Anjouan et à mettre fin aux relations commerciales et culturelles avec la cour de Mutsamudu.En 1886, GERVILLE REACHE, commandant de Mayotte signait le 6 janvier avec Said Ali à Moroni, le 12 avril avec Abdallah III à Mutsamudu et le 26 avril avec Said Mardjani à Fomboni des conventions qui plaçaient les trois îles sous le régime du  protectorat français. Le décret de ratification publié le 30 août fut communiqué aux gouvernements allemand et anglais en vertu de l’article 34 de l’Acte international de Berlin[4].

 

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