QUELQUES REPÈRES SUR NOS QUINZE SIÈCLES DE VIE COMMUNE

 

Introduction

 

Quinze siècles de vie commune dans l’archipel des Comores ont pu être étudiés par des spécialistes de diverses disciplines en sciences humaines et en sciences de la nature depuis la création du CNDRS. Ils sont de nationalités européennes, américaines, asiatiques australiennes et africaines. Avant l’indépendance et la création du CNDRS, notre archipel n’intéressait pas le monde scientifique. Les Francophones s’arrêtaient à Madagascar estimant que les Comores, ses sultans et sa langue bantoue devraient être dans le domaine d’études des Anglo-saxons, spécialistes de sociétés swahilis. Ces derniers s’arrêtaient à Zanzibar et ne s’avançaient pas dans une colonie française sous équipée.

 

  1. Les origines

 

Les scientifiques nous ont appris que l’archipel des Comores fut depuis des temps immémoriaux, un carrefour de rencontres et d’échanges d’hommes, des idées, des biens et un creuset des cultures. Les groupes des migrants qui sont à l’origine du peuplement des Comores sont venus, de tous les pays des rives africaines et asiatiques de l’océan indien, de l’Indonésie à l’Afrique du Sud. Chacun est venu avec sa langue, ses propres représentations du pouvoir politique, de l’organisation sociale, de la prospérité, de la dignité, de l’ordre divin, autrement dit, avec ses propres croyances quant aux formes d’inégalités légitimes[1]. Enserrés dans les limites étroites d’un territoire exigu, morcelé en quatre îles principales, ils exerçaient des activités économiques peu variées, liées à l’exploitation des ressources de la terre et de la mer et se déplaçaient constamment d’une île à l’autre pour des raisons de famille et de négoce. En s’adaptant progressivement aux réalités naturelles des îles, ils mélangeaient leurs pratiques religieuses, leurs connaissances et leur savoir-faire, confrontaient leurs modes de penser et de produire, et inventaient les schèmes d’une culture nouvelle qui fonctionnait selon ses normes et ses valeurs propres.

 

  • La naissance du shikomor

 

Les Africains venaient de nombreuses régions du continent, ils étaient issus de nombreux tributs, mais en majorité bantoue ; leurs langues étaient diverses, mais apparentées. Ils constituaient le groupe social, numériquement le plus important, sinon le plus présent, sur tous les lieux de travail, au champ, à la mer, à l’intérieur des maisons pour les esclaves des cases et sur les lieux des cultes.

[1] F. Constantin, APOI XI, 1986-1989 : 43-63

 

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