APPROCHE HISTORIQUE DE L’ISLAM DANS LA SOCIÉTÉ COMORIENNE

 

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APPROCHE HISTORIQUE DE L’INTRODUCTION ET DE L’ANCRAGE DE L’ISLAM DANS LA SOCIÉTÉ COMORIENNE

Depuis l’accession de notre pays à l’indépendance en 1975 et la création du CNDRS quatre années après, d’importants travaux de recherches dans toutes les disciplines ont été menés par des spécialistes comoriens et étrangers de différentes nationalités, notamment américaines, anglaises, australiennes, belges, françaises, malgaches, japonaises, suédoises et tanzaniennes. Les historiens et les archéologues nous apprennent que, dès le IIe siècle de l’hégire/VIIIe apr. J.-C, l’archipel fut le point extrême de l’avancée de l’Islam et des migrations des musulmans dans l’hémisphère sud. La pratique de l’Islam a donc connu deux grandes périodes historiques.

 

Dans un premier temps, la société fut fractionnée en sectes religieuses et ethniques. Le IIe siècle de l’hégire fut l’époque où les conflits politico-religieux déchiraient l’empire musulman. Des membres des sectes vaincues, après avoir combattu le califat, choisissaient l’exil plutôt que de se soumettre et venaient se réfugier sur la côte est africaine et dans l’archipel comorien. Les années suivantes, des sectes victorieuses étaient à leur tour vaincues et empruntaient la même voie pour venir s’installer dans les îles. À chaque arrivée, les immigrés s’organisaient en communautés fermées, souvent hostiles les unes des autres, tout en adoptant un comportement raciste à l’égard des autochtones.

 

Dans un deuxième temps, un effort d’éducation d’intégration des apports culturels, techniques et institutionnels des uns et des autres réussit à faire disparaitre les sectes et les discriminations raciales au fur et à mesure que la population se convertissait massivement à l’islam de rite chaféite. Du XVe siècle aux dernières décennies du XXe siècle, les caractéristiques fondamentales de ce peuple que l’histoire a créé à partir des groupes humains de races, de langues, de croyances très diverses venus de toutes les rives africaines et asiatiques de l’océan Indien, furent l’unité linguistique, l’unité religieuse, l’absence de tout facteur racial ou idéologique de différenciation sociale.

            

L’arrivée des premiers migrants musulmans

 

La première période historique de la pratique de l’Islam commence au début du deuxième siècle de l’hégire avec l’arrivée des chiites Zaidites Les premiers musulmans à s’installer sur la côte orientale d’Afrique et aux Comores, selon J.C. Guilain (1856 p. 160), étaient des partisans de Zaid bin Zaïn al Anbidine ben Ali ben Abitwalib, le cinquième Imam des chiites. En 122H/739 apr. J.-C., l’Imam Zaid fut assassiné à la mosquée de Kufa sous le Calif Umeyade Hisham ibn Abdulmalik (724-743h). Une partie de ses partisans partirent pour le Yémen et fondèrent l’État Zayidite du Yémen en 220H/837 apr. J.-C.., tandis que d’autres partirent s’installer en Somalie et aux Comores.

 

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L’auteur et Conteur Salim Hatubu nous a quittés, le pays en deuil

 

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Salim Hatubou, l’auteur le plus prolifique des Comores, conteur à toute heure, nous a quittés. Né le 20 juin 1972 à Hahaya, à Ngazidja, il est décédé hier, mardi 31 mars à Marseille, d’une crise cardiaque.

Enfant, Hatubou aimait les histoires, les écouter et les raconter. Il prend goût en écoutant sa grand-mère maternelle, la reine des veillées des contes du village de Milépvani, la localité voisine de Hahaya. Il apprend la magie des mots, l’envoutement des images et l’intelligence des intrigues.

Salim Hatubou s’installe à Marseille, à l’âge de dix ans, dans les quartiers Nord de la Cité phocéenne. Adolescent, il mouille sa chemise et sa plume dans l’encrier. Il écrit des nouvelles, des articles et se voit publié. C’est en 1994, qu’il sort, aux Editions L’Harmattan, son premier ouvrage, Contes de ma grand-mère. Sa référence, sa source inépuisable.

Il se fait un devoir de venir régulièrement dans son pays pour recueillir les contes traditionnels. Il les sauvegarde par l’écriture et les restitue, en leur donnant leur fonction originelle.

L’écrivain Salim Hatubou était allé jusqu’au Japon, au mois de janvier 2014, sur invitation de l’Université de Tokyo pour parler des contes comoriens. Au pays du soleil levant, l’un des rares écrivains comoriens qui publiait régulièrement a échangé avec des universitaires et des lycéens sur les contes comoriens.

Remarqué, il bénéficie à deux reprises d’une bourse d’écriture du Centre national du livre ainsi que de deux missions Stendhal du ministère français des Affaires étrangères, lui permettant d’effectuer des recherches sur l’épidémie de choléra qui a emporté sa mère en 1975.

Très jeune il devient, animateur d’ateliers d’écriture, et conduit des résidences d’écriture. Il prend part au travail de mémoire pour la réhabilitation des cités La Solidarité et Kallisté, avec à la clé, le livre «Solidarité-Kallisté : que sont devenues nos cités ?» paru aux éditions Images plurielles.

Son succès récent, «Kara’ ou le destin conté d’un guerrier», un feuilleton de 8 épisodes coécrit avec Damir Ben Ali. «Les remparts s’écroulent ou le destin ambigu du guerrier Kara» est mis en scène et joué à Marseille puis à Moroni.
Son parcours est semé de livres aux contenus et styles variés.

Franco-comorien, il porte un regard sévère sur les deux pays. Dans Le sang de l’obéissance, il pointe son doigt aux mariages arrangés aux Comores, dans Hamouro, il lève le voile sur l’occupation de l’île de Mayotte par la France. Sa devise reste ! «Sache d’où tu viens, tu sauras toujours où tu vas».

Il obtient le Prix Diamant en Belgique pour Comores-Zanzibar, éditions Françoise Truffaut, puis le Prix Insulaire à Ouessant pour Ali de Zanzibar, éditions Orphie et enfin le Prix Kalam de bronze décerné par le ministère de la Culture aux Comores et le Prix des lecteurs à Mayotte pour Hamouro, éditions l’Harmattan.

Salim était un homme affable. Malgré le succès et les nombreux prix qu’il a obtenu, il gardait une modestie légendaire. Pour les vingt ans d’Al-watwan, il écrit de mémoire un texte intitulé “Al-watwan : ma première source de fictions contées”. Ce texte est une référence, la fierté des hommes et des femmes qui y travaillent.

Ce mardi 31 mars. Il a été rappelé par le Tout Puissant. Nos pensées vont à sa femme et ses enfants. Elles vont également à ses amis les plus proches qui étaient présents quand il en avait besoin. Paix à son âme.

AAA

Source: Alwatwan

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LES FONDEMENTS DE LA NATION COMORIENNE AUX ORIGINES DU PEUPLE COMORIEN

 

 

Conférence du jeudi 6 novembre 2014

DAMIR Ben Ali

 

LES FONDEMENTS DE LA NATION COMORIENNE

AUX ORIGINES DU PEUPLE COMORIEN

 

Un auteur a écrit que les civilisations tirent leur originalité des éléments constitutifs des milieux naturels qui les portent et de l’expérience collective de la société dont elles sont l’expression. Dans ces îles de faibles dimensions, le trait caractéristique de l’environnement naturel est la fugacité des aspects physiques. La mémoire collective a conservé les souvenirs des villages, des champs de cultures, des forêts qu’un cyclone, une secousse tellurique ou une éruption volcanique a rayés de la carte en quelques jours.

 

Aux yeux du jeune lettré comorien, formé à l’école coloniale, coupé, dès son jeune âge, des espaces traditionnels de formation sociale et culturelle, un patrimoine physique de cette nature ne peut fournir le substratum d’une civilisation originale et la population qui en a la charge et la jouissance ne peut prétendre, sans faire sourire, à une histoire d’une grande profondeur chronologique. Aussi, pour une large partie de la jeune élite intellectuelle, le fondement de la société comorienne est un agrégat des normes, des principes et des valeurs importés. « La société comorienne est tri culturel » a-t-on affirmé et écrit dans les conclusions des assises de l’Université des Comores en février 2010.

 

Nous avons choisi aujourd’hui de parler de trois repères identificatoires de la société comorienne : l’origine multiethnique du peuple, la structure et la base lexicale du shikomor et la présence du droit dans tous les aspects de la vie du Comorien.

 

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Approche historique des structures administratives des Comores

Sommets émergés des cônes volcanique formés sur un fond de 3000 mètres, à l’entrée nord du Canal de Mozambique, les quatre îles de l’archipel des Comores constituent un relais naturel  entre l’Afrique et Madagascar et un passage obligé des navigateurs qui, depuis la haute antiquité, reliaient les rives asiatiques aux pays du Sud Ouest de l’Océan Indien.

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RAPPORT DE MISSION DE CONSULTATION

 

ANALYSE DES POTENTIELS ET DYNAMIQUES DE CONFLITS ET DES FACTEURS STRUCTURELS QUI MINENT LA COHÉSION SOCIALE EN UNION DES COMORES.

INTRODUCTION
CONTEXTE ET OBJECTIFS DE L’ETUDE
Sur la base de différentes études réalisées dans le cadre du PNUD et plus particulièrement sur les thématiques relatives au projet de renforcement de la cohésion sociale, un constat alarmant a été fait dans le domaine de l‟évolution de l‟Etat-nation.
Depuis son Indépendance inachevée en raison de l‟occupation de l‟île de Mayotte par la France, les Comores vivent une instabilité politique et institutionnelle chronique caractérisée par des séries de coups d‟Etat, de changements constitutionnels et de crises aiguës telles la tentative séparatiste d‟Anjouan (1997-2008). Cet état de fait compromet l’unité nationale, les stratégies de développement ainsi que le projet de construction de l’Etat-nation malgré l’appui multiforme de la communauté internationale. La cohésion sociale est au centre des défis à relever pour la construction de l’Etat-nation et le développement durable aux Comores.
C‟est dans cet esprit que le PNUD a programmé un certain nombre d’études dont l’« Analyse des potentiels et dynamiques de conflits et des facteurs structurels qui minent la cohésion sociale ». L’étude, qui constitue la présente consultation confiée à une équipe de trois intervenants, a pour principaux objectifs :

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Le collège des sages livre «la vérité sur l’histoire»

Le collège des sages a convié la presse, mercredi 23 avril au Retaj Moroni, pour faire connaitre «la vérité sur l’histoire coloniale et l’implantation des institutions politiques à Moroni».

Cette conférence de presse faisait suite, devaient-ils rappeler, aux propos à l’Ortc de Hamada Madi, directeur de cabinet du président de la République chargé de la défense, qui a accusé «le président Saïd Mohamed Cheikh d’avoir transféré la capitale de Dzaudzi à Moroni». En présence de l’ancien militant pour l’indépendance, Ali Bazi Selim, le collège des sages a indiqué qu’il s’agissait d’une «livraison tronquée de l’histoire récente des Comores».

Ils ont regretté, au passage, la profanation de la personnalité emblématique du pays. Cependant, leur association «se préoccupe de livrer la vérité de l’histoire concernant l’implantation de la capitale des Comores à Moroni», soulignent-ils, dans une brochure distribuée aux journalistes.

L’œuvre de l’anthropologue Damir Ben Ali est ainsi revenue sur des grandes dates de l’histoire. D’abord en 1951, lorsque la chambre de commerce fut transférée de Dzaudzi à Moroni. «Le directeur de la société coloniale Bambao avait estimé que la conjoncture économique du territoire n’était plus à Dzaudzi mais à Moroni», se souvient l’auteur. Un an plus tard, l’assemblée territoriale fut, elle aussi, transférée à Moroni et, en 1957, le siège du conseil de gouvernement fut créé et implanté à Moroni.

L’anthropologue a rappelé que c’est à Paris que «l’idée fut émise et la décision prise d’implanter le siège des administrations territoriales à Moroni où déjà étaient installées les institutions politiques et économiques». Il a affirmé que la résolution sur le transfert de la capitale de Dzaudzi à Moroni fut votée par l’assemblée territoriale en 1958 par 25 voix pour et 4 contre. «Lorsque le haut-commissaire Yves Daruvar arriva aux Comores le 22 mai 1962, tous les centres de décision aussi bien politique qu’administrative étaient installés à Moroni», rapporte Damir Ben Ali avant d’ajouter: «Daruvar décida de s’installer à Moroni, donc d’y transférer formellement la capitale».

En rebondissant sur l’ancien président Saïd Mohamed Cheikh, il a souligné qu’il fut élu le 21 octobre 1945 et dès son entrée à l’assemblée, il déposa sur le bureau une proposition de résolution pour résoudre le problème agraire aux Comores. «Le projet de loi détachait l’archipel de Madagascar et le dotait de l’autonomie administrative et financière», relève Damir Ben Ali qui a déploré le fait que des responsables de haut rang ignorent, aujourd’hui, l’histoire récente du pays.

Toyb Ahmed

Alwatwan

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SAID MOHAMED CHEIKH DANS L’HISTOIRE DES COMORES

Said Mohamed Cheikh est né en 1904 à Mitsamihuli où il a fréquenté l’école coranique ou payalashio. C’était une institution communautaire qui ne fonctionnait pas dans une perspective d’assimilation à une culture étrangère. Elle puisait dans son environnement naturel, social et dans les préoccupations prioritaires des parents, les connaissances qu’elle transmettait à ses élèves. Il maintenait le lien entre ce qu’il enseignait aux enfants et le vécu de leurs parents au champ, à la mer, à la maison, sur la place du village et à la mosquée.  Il comportait deux cycles. Le premier cycle était celui des activités ludiques, sociales et manuelles pour développement de la psychomotricité, la mémoire, la pensée, le raisonnement. L’enseignement du deuxième cycle assurait la conservation du patrimoine religieux de la communauté et la reproduction sociale des familles de dirigeants religieux ou ulamas (sing ‘alim). En 1913, l’administration coloniale avait ouvert des écoles françaises pour les enfants des chefs indigènes. Trois à la Grande Comore, deux à Anjouan, deux à Mayotte et un peu plus tard une à Mohéli.

Le décret du 23 février 1914, pris en application de la loi d’annexion du 25 juillet 1912, organisait l’administration de la colonie rattachée à Madagascar. Présents aux Comores depuis les traités de protectorat de 1886, les Résidents de France avaient reconnu la fonctionnalité et l’efficacité des institutions villageoises de Ngazidja. Aucune organisation municipale ne fut mise en place. Les chefs de villages désignés selon les modalités traditionnelles assumaient de fonctions de police et d’assistaient les chef de canton pour l’établissement de l’état civil et la collecte de l’impôt de capitation.

La base territoriale de circonscriptions inférieures fut définie par référence explicite aux traditions. Les sultanats secondaires à Ngazidja et les anciennes chefferies dans les trois autres îles furent érigés en cantons. Le chef du canton était nommé par le Gouverneur général de Madagascar sur proposition du chef de subdivision ; il était assisté d’un Conseil des anciens issu des grands lignages des villages qui composaient le canton, comme les « marandrazi » (conseillers) du temps des sultanats.

La justice indigène était exercée par les cadis. Leur statut était régi par un texte qui datait de l’époque du protectorat signé par les sultans en 1886 puis les décrets du 29 mars 1934 et du 1er juillet 1939 déclarèrent le « Minhadj al Talibin[1]», seul code officiel des Comores.



[1] Traité de jurisprudence musulmane chafiite de Imam Mohy-d-dine Abou Zakaria an NAWAWI 1233-1278.

 Damir BEN ALI

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Gènes de putschistes et gènes de séparatistes

Le Directeur de Cabinet du Chef de l’État a accusé, à la télévision nationale, le président Said Mohamed Cheikh d’avoir transféré la capitale de Dzaoudzi à Moroni. Il se réfère à la littérature coloniale comme beaucoup d’autres qui ignorent l’histoire même la plus récente. Il a aussi traité les Wangazidja de putschistes. Je ne veux pas laisser croire que ces propos sont ceux d’un représentant d’une île.  Ils expriment la pensée d’un groupe de personnes issue des générations politiques formées par notre école dans toutes nos îles.

Quand l’école coloniale apprenait à ses élèves que leurs ancêtres étaient des Gaulois, elle ne trompait que ses propres enseignants. Les élèves qui avaient fait l’école coranique et qui arrivaient chez les Wazungu âgés de plus de dix ans ne pouvaient pas être dupes. Ils avaient soif de connaître ce que les Arabes et les Bantu, leurs vrais ancêtres ont fait.

L’école de l’État comorien apprend à ses élèves que leurs ancêtres sont des Arabes et des Bantu, mais durant plus de 13 ans et maintenant beaucoup plus dans notre université, elle ne leur enseigne que ce que les Gaulois ont fait, oblitérant ce que les autres peuples ont apporté à l’humanité.

Notre cartésien ministre de la Défense semble convaincu que chaque île possède dans ses élites, une catégorie propre de gènes. Pour l’une d’elles, ce sont des gènes de putschistes qui imposeraient à l’État un gouvernement illégitime et pour les autres îles, des gènes de séparatistes qui hisseraient à tout moment sur une partie du territoire national un drapeau étranger et imposeraient un gouvernement illégitime.

J’ai cru utile de joindre à mes propos un document attaché d’une esquisse de l’histoire des institutions politiques mises en place sous le régime colonial.

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