LE MARIAGE COUTUMIER ET SON IMPACT SUR LE PATRIMOINE DES FAMILLES ET SUR LE DÉVELOPPEMENT DES VILLES

 

Les groupes des migrants qui sont à l’origine du peuple comorien sont venus des pays des rives africaines et asiatiques de l’océan Indien avec chacun sa langue, ses représentations du pouvoir politique, de l’organisation sociale, de la dignité, de la prospérité et de ses croyances. Leurs activités liées à l’exploitation des ressources de la terre et de la mer, dans les limites des petites îles isolées au milieu du Canal de Mozambique, étaient peu variées. Ils confrontaient leurs modes de penser et de produire et inventaient les schèmes d’une culture commune propre et originale. Comme toute civilisation celle des Comoriens est l’expression de l’expérience collective et tire son originalité des éléments constitutifs du milieu naturel.

 

Les rituels liés aux étapes du cycle vital de l’homme constituent le fondement de l’organisation de la vie communautaire. Le mariage, la paternité et la maternité, la première coupe de cheveux des enfants, la circoncision pour les garçons, la puberté pour les filles, les funérailles des proches offraient à chaque famille, l’occasion de convier toute la communauté pour fêter l’évènement. Peu à peu, ces rituels communautaires furent institutionnalisés sous des noms qui ont changé selon les époques et les îles. Punguwo à Ngazidja (Grande Comore), Mbengo à Maore (Mayotte), Shungu à Ndzouani (Anjouan) et à Mwali (Mohéli). Actuellement, l’institution est appelée shungu ou anda ou harusi. Le rang de naissance est un critère nécessaire, mais non suffisant pour accéder à la notoriété. L’effort personnel et la bonne gestion des relations familiales permettaient d’offrir les prestations et constituer un capital social.

 

L’anda ou shungu constitue une sorte de grille de lecture, qui facilite l’observation et la connaissance de l’identité sociale de chaque citoyen. Le code du shungu situe l’individu dans des groupes de parenté, des catégories d’âges et divers cercles sociaux qui trouvent eux-mêmes, leurs places dans l’ordonnance hiérarchisée de la société. « Comme le Comorien est d’abord un être communautaire avant d’être un individu, il est exposé au regard de tous. Chacun a un droit de surveillance ou de critique sur lui[1]»

 

Le Grand Mariage est un événement marqueur de l’identité sociale parmi les autres événements du cycle vital de l’humain. Il est, cependant, l’événement le plus importante, car il marque pour le mari et pour la mariée, la fin de l’apprentissage de la vie en société. On reconnaît aux mariés le titre de mdrumdzima. Le terme mdrumdzima signifie celui qui a trouvé son unité, son équilibre, la maturité d’esprit. Il est l’homme ou la femme accomplie.

MMohamed Tohir; 1992, Le Kafir du Karthala, Paris, Le Harmattan, p. 80.

 

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